(112)   Rencontre avec M. Philippe Lejeune, Rivière Godbout, 2 novembre 1976

  Famille Lejeune                            
                           

M. Philippe Lejeune, âgé de 67 ans, est né à l'île d'Anticosti en 1909. Son père était Bernard Lejeune fils, également né à l'île, dont la mère était Eliza (Lizé) Lejeune.

 

Cette dernière était arrivée à l'île avec son époux, Bernard Lejeune père, vers 1875.

 

M. Bernard Lejeune père est décédé à l'île à l'âge de 25 ans et est enterré à la Pointe Ouest; il avait trois enfants : Bernard, Joseph et une fille.

 

Après son décès, Mme Eliza Lejeune, son épouse, demeura à l'île seule à l'emploi du capitaine Setter.

 

Bernard Lejeune fils a épousé une fille de Grande Rivière, Enédine Beaudain et eut 14 enfants, dont Philippe.

 

Une partie de la famille de Bernard quitte l'île en 1929. Philippe quitte l'île en 1929 à l'âge de 20 ans.

 

Il travaille un peu partout pour enfin s'établir à la rivière Godbout ou il pratiqua le métier de pêcheur de bigorneau pendant 31 ans.

 

Mme Eliza, donc, après le décès de son mari, décida de demeurer à l'île où elle habitait dans la maison du capitaine Setter (ancienne maison de Gamache) pour qui elle travaillait.

Son fils Bernard fut amené en Gaspésie à la Rivière au renard par le capitaine Setter.

 

Il y séjourna trois ou quatre ans pour y fréquenter l'école et apprendre l'anglais.

 

Il est revenu à l'île « lorsque les Menier ont fait le chemin de Baie-Sainte-Claire à baie Ellis » (vers 1898).

 

Il fut alors employé par Henri Menier comme responsable de la Villa. Lorsqu' Henri Menier acheta la propriété du capitaine Setter pour 6000 $, il prit à son emploi la famille Lejeune (Madame veuve Eliza Lejeune, ses deux fils et sa fille).

 

M. Philippe Lejeune me dit que les approvisionnements de la famille Lejeune furent amenés de Gaspé par le capitaine Setter.

 

En 1900, Martin-Zédé nomma provisoirement la famille Lejeune gardienne future de la Villa ainsi que des communs, étables et écuries, « où nous avons déjà deux vaches et trois chevaux ».

 

Les deux fils Lejeune, Bernard et Joseph, travailleraient au défrichement et également comme serviteurs, gardiens, cochers et jardiniers de la Villa.

 

Leur sœur Lisa et sa mère étaient chargées de la cuisine et du blanchissage. L'hiver, les deux garçons Lejeune, bons trappeurs, chasseraient pour Martin-Zédé des animaux à fourrure.

             
  Photo                            
                           

M. Philippe Lejeune examine de nombreuses photos de l'île que je lui ai montrées. Il reconnaît peu de gens, ayant quitté l'île à 20 ans.

 

Il reconnaît le douanier de baie Ellis, M. Arthur Drolet, qui était également arbitre de hockey, excellent musicien, directeur de l'orchestre de Port-Menier et également du chœur de chant.

             
  Tombe Gamache                            
                           

M. Lejeune me raconte au sujet de Gamache que des Chinois qui travaillaient sur des bateaux chargés d'amener le bois de pulpe pour transformation à l'extérieur de l'île (à peu près entre 1910 et 1918) venaient s'agenouiller sur la tombe de Gamache pour se recueillir.

 

Ils croyaient aux pouvoirs surnaturels de Gamache et lançaient des pièces de monnaie sur la tombe (sans qu'on en sache la raison). Les enfants Lejeune, dont Philippe, allaient ramasser les pièces après le départ des Asiatiques.

             
  Martin-Zédé                            
                           

Le père Martin-Zédé amenait souvent de 10 à 35 hommes en pique-nique à l’Anse-aux-fraises ou ailleurs et chacun recevait « une pinte » (1 litre) de vin et mangeait la même nourriture que Martin-Zédé, qu'on avait préparée en quantité suffisante pour tous, comme du canard. Martin-Zédé disait qu’un homme qui travaille 20 minutes consécutives était un « bonhomme ».

 

Il fallait lui obéir à la lettre, il commandait comme dans l'armée. Il avait souvent l'habitude de lire « la gazette » (journal) pendant la messe et ne se mettait jamais à genoux (cette position étant signe d'infériorité), mais demeurait soit debout ou assis.

 

Il lui arrivait d'amener les hommes en pique-nique le dimanche et ces derniers manquaient la messe au grand désarroi du curé.

             
  Galibois (chef-garde)                            
                           

Il me raconte également que le chef-garde Galibois était effronté, malhonnête, fantasque, mais écouté de Martin-Zédé.

 

Il a fait chasser des familles de l'île, telles que celles de Francis Lelièvre, Odina Duguay et Abraham Rogers (?), qui se sont ensuite établies à Sheldrake (Port-Cartier). M. Galibois est mort de tuberculose à Port-Menier.

 

Il a légué 10¢ à sa femme qui l’avait abandonné et le reste à son neveu, qui a bu comme un trou et dansé sur le cercueil en le transportant à Baie-Sainte-Claire pour le déposer dans le charnier.

 

Les dernières paroles de Galibois ont été : « N'oubliez pas de clairer les deux Daveault. » (deux gardes de l'île originaires des Îles de la Madeleine).

             
  Galibois (chef-garde)                            
                           

J'ai rencontré un vieux à Godbout originaire des îles de la Madeleine qui m'a raconté qu'il avait travaillé à l'île pendant trois ans, de 1927 à 1929, comme showboy (chore boy).

 

Un bateau, le Gaspesia, transportait de 90 à 100 personnes des Îles de la Madeleine à Anticosti au printemps pour s'occuper du chargement du bois dans les navires.

 

Ils retournaient aux Îles de la Madeleine à l'automne. Salaire : de 100 $ à 125 $ par mois.

 

Famille Lejeune (Martin-Zédé, page 222-223)

             
  Maison Gamache                            
                           

D'après lui, la maison de Gamache était construite près de la mer si bien que le solage était parfois inondé par la marée.

 

Le hangar derrière la maison de Bernard Lejeune serait une partie de la maison du capitaine Setter.

             
  Ferme St-Georges                            
                           

Ce dernier lavait la vaisselle au Château et l’hiver, pendant 13 ans, travaillait à la ferme Saint-Georges dans la partie nommée « étable » où il y avait 75 veaux et un troupeau d'environ 150 têtes.

 

Ces animaux étaient gardés en liberté le long de la voie ferrée huit mois par année puis rassemblés à la ferme Saint-Georges à l'automne pour hiverner à l'abri dans l’étable.

 

Ces animaux étaient quasi sauvages et on devait utiliser un lasso pour les entrer dans l’étable.

             
  Rats musqués                            
                           

Il me raconte que lorsque Menier a amené les rats musqués sur l'île à bord du Savoy vers 1924-1925, un spécimen s'est échappé de sa cage et a endommagé une valise et le corset de femme qu'il contenait.

             

RECHERCHE SUR LE SITE  

(Exemple: Henri+Menier)



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Livres et documents sur Anticosti

(50) (Nouveau)

Cahiers d'entretiens avec des Anticostiens (1976-1981) par LUC JOBIN, 160 pages

(49) (Nouveau)

Collection Desbiens

 Ces 174 photographies font partie de la collection Desbiens. Ces documents sont présentés pour la première fois grâce à LUC JOBIN.

(48) 

Partition musicale composée à Baie Ste-Claire, Anticosti par Lucien Comettant, gouverneur (1896-1903).

 

Ce morceau fait partie d'un répertoire de 77 compositions que nous sommes en train de sortir au grand jour après 115 ans d'obscurité grâce à la collaboration exceptionnel du pianiste Andrew Lloyd Taylor. 

(47) Le journal LE SOLEIL publie en 1897, 1898 et 1899, et rapportées ici, les actualités, rumeurs et nouvelles qui provenaient de l'île d'Anticosti au début de l'ère Menier.

(46) Actes Notariés - en 1899 Henri Menier achète de 26 habitants anticostiens 28 lots de terrains et habitations dans le but de devenir le seul propriétaire sur l'île.

(45) Anticosti sous Gaston Menier (1913-1926) par Rémy Gilbert. Document inédit de 24 pages par l'auteur du livre «Mon île au Canada», 1895-1913, les Éditions JID.

 

(44) Suite à une demande de Menier pour la concession de lots de grève et de lots à eau profonde à Baie-Ellis, Félix-Gabriel Marchand, premier ministre et Simon-Napoléon Parent, maire de Québec font une visite sur l'île d'Anticosti (voyage raconté par le journaliste du journal Le Soleil, 1898). 4 pages.

 

(43) Gaston, Albert et Henri Menier, leurs yachts en image. référence: Voiles/Gallimard, Les mémoires de la mer, Jack Grout.

 

(42) 1827, naufrage du Harvest Moon au large d'Anticosti. En 1928 le fils d'un naufragé raconte.

 

(41) En 1850 on envisageait de faire de l’île d’Anticosti, une prison. Journal Le «Canadien», le 21 juin 1850

 

(40) Le steamer «Le Merrimac» s'échoua sur l'île d'Anticosti en 1899. Le journal Le soleil raconte l'aventure, liste des passagers et biographie de l'un d'entre eux, un québécois.

 

(39) L'Aberdeen, un steamer de ravitaillement des phares s'échoua en 1899 près du cap Jupiter, Anticosti; un passager raconte.

 

(38) M. Clarke Wallace (1844-1901) membre du parlement canadien était un adversaire de l’île d’Anticosti de M. Menier. LA PATRIE, LE 11 AOÛT 1899

 

(37)  En 1902, l'honorable Charles Marcil, député de Bonaventure livre à un journaliste ses impressions sur Anticosti. M. Marcil est le grand-père de la comédienne Michèle Tisseyre.

 

(36) Bail entre Gaston Menier et la commission du Hâvre de Québec, pour la location de locaux au Bassin Louise de Québec, le 29 décembre 1920, devant notaire.

 

(35) Vente d'Anticosti le 19 juillet 1926 à la Wayagamac Pulp and Paper devant le notaire E.G. Meredith.

 

(34) Exploration Vaureal-Jupiter, Anticosti, entre le 7 et le 28 mars 1901 par Ovila Montreuil ingénieur civil, assistant de Jacquemart, chef du service des travaux.

 

(33) Le Croiseur anglais HMS Pallas s'arrêta à Anticosti en 1900, dont le capitaine était l'Honorable Walter G. Stopford. Article paru dans le Petit Journal Militaire, Maritine, Colonial le 25 septembre 1904.

 

(32) NOTAIRES - 20 actes notariés du temps de Menier

 

(31) L'acte de vente d'Anticosti à Menier le 18 décembre 1895 devant le notaire William Noble Campbell

 

(30) Le testament de Louis-Olivier Gamache le 22 septembre 1851 devant le notaire Jos. Pelchat

 

(29) Rapport du ministre de l'agriculture de la Province de Québec, 1909.
Lauréat de la médaille d'argent et du diplôme de Très-Grand-Mérite:
Alphonse Parent, Baie Ellis, Anticosti.
Index de 57 noms, 16 pages

 

(28) Lettre de Mgr J.C.K. Laflamme à Henri Menier, septembre 1901 

 

(27) Lettre de Joseph Schmitt à Mgr J.C.K Laflamme le 17 juillet 1901

 

(26) Lettre de Joseph Schmitt à Mgr J.C.K. Laflamme le 5 juillet 1901

 

(25) Lettre de Henri Menier à Mgr J.C.K. Laflamme le 5 octobre 1901

 

(24) Permis de séjour du 15 août au 30 septembre 1901 délivré à Monseigneur J.C.K Laflamme par L.O. Comettant.

 

(23) En 1899, 16 journalistes ont visité l'île Anticosti. Voici ce qu'ils ont raconté.

 

(22) Titre en faveur de Louis Jolliet par Jacques Duchesneau, 1680

 

(21) L'île Ignorée, TOME 2, manuscrit de Georges Martin-Zédé achevé en 1938, (archives de l'Université Laval), édité ici pour la première fois avec un index de 303 noms, 42 pages.

 

      L'île Ignorée, TOME 1, par Georges Martin-Zédé, manuscrit de Georges Martin-Zédé achevé en 1938, (archives de l'Université Laval), édité ici pour la première fois avec un index de 114 noms et 24 illustrations, 33 pages.

 

(20) Voir le vidéo, journal LE MONDE

Jerôme Verroust, journaliste français, parle du parcours de guerre de son arrière-grand-père, Fernand Le Bailly sur cet entretien vidéo au journal Le Monde. Fernand Le Bailly a séjourné sur l’île Anticosti à partir de 1896. Il était marié à Simone Lavigne, petite-fille de Oscar Comettant.

 

(19) Monographie de l'île d'Anticosti par le docteur Joseph Schmitt, 1904, 370 pages.

 

(18) À la mémoire de feu Arthur Buies, journal le Soleil, le 28 janvier 1901.

(17) Arthur Buies, journal le Soleil, Lettre à Ernest Pacaud, le 30 septembre 1899.

 

(16) Arthur Buies, journal Le Soleil, Anticosti, le 23 septembre 1899.

 

(15) La date de la mort de Jolliet, 1886, par l'abbé Cyprien Tanguay

 

(14) Projet de perpétuer le souvenir de Jolliet, 1980, par Luc Jobin, article de Monique Duval, Le Soleil.

 

(13) Lettre de Mgr Charles Guay à Mgr Clovis-Kemner Laflamme, 1902

 

(12) Notice sur l’île Anticosti par Jules Despecher (1895), 6 pages

 

(11) Anticosti par Damase Potvin (1879-1964), 6 pages

 

(10) Le journal de Placide Vigneau (1842-1926) 

 

(9) Histoire et légendes d'Anticosti. Jolliet, Gamache, Ferland, Vigneau et les naufrages, 6 pages.

 

(8) Lettre de Fernand Le Bailly à Mgr. Joseph-Clovis K. Laflamme en 1905.

 

(7) Correspondance du Consul de France, M. Kleskowsk.

 

(6) Cahiers-carnets-agendas de Martin-Zédé (1902-1928).

 

(5) Registre de pêche aux saumons (1896-1928) de Henri Menier sur l'île Anticosti.

 

(4) Entrevue avec Luc Jobin, par Lucien Laurin, le 8 avril 1982.

 

(3) Anticosti 1900, C. Baillargé, 14 pages. (Lire sur Ipad)

 

(2) Oui, j'ai aimé... ou la vie d'une femme, Thyra Seillières, 1943, conjointe de Henri Menier, 244 pages. (Lire sur Ipad)

 

(1) Anticosti, esquisse historique et géographique par Nazaire Levasseur, 1897, 40 pages. (Lire sur Ipad)

 

(0) Lettres de l'Ile Anticosti de Mgr Charles Guay, 1902, 312 pages.

Le 30 mars 2011

 

Rajout: 77 partitions musicales de la main de Lucien Comettant alors qu'il était gouverneur de l'Ile Anticosti. Ces documents dormaient dans une boite depuis 100 ans. Il s'agit de pièces musicales de style victorien pour piano (et violon).

 

Plusieurs livres ont été ajoutés dans la bibliothèque dont:

 

(1) La ville de Québec sous le régime français, volume 1, 1930, 549 pages 

     La ville de Québec sous le régime français, volume 2, 1930, 519 pages

 

(2) Zéphirin Paquet, sa famille, sa vie, son oeuvre. Québec, 1927, 380 pages. Notre arrière-grand-mère était la fille de Zéphirin. Il est le fondateur de la Compagnie Paquet de Québec.

 

(3) L'île d'Orléans, livre historique publié en 1928, 505 pages

 

(4) La biographie du docteur Ferdinand Philéas Canac-Marquis écrite par Nazaire LeVasseur, 1925, 276 pages. Ferdinand est le frère de Frédéric Canac-Marquis, notre arrière-grand-père.

 

Nazaire LeVasseur, l'auteur, est le père de Irma LeVasseur, première médecin femme canadienne-française et fondatrice de l'hôpital Ste-Justine. Il avait été l'agent de Henri Menier et de Martin-Zédé à Québec pour l'entreprise Anticosti.

 

Pauline Gill a récemment écrite un roman historique sur Irma LeVasseur et parle dans son livre de Nazaire LeVasseur et de Ferdinand Canac-Marquis, fils de Frédéric Canac-Marquis