(37)   Rencontre avec Soeur Lydia Girard, de la Congrégation Notre-Dame de Saint-Romuald, le 10 octobre 1980

  Léopold Lemieux
                         
                            M. Léopold Lemieux, gardien du phare de la Pointe sud-ouest, avait des enfants nommés Zéphirin, Blanche (Mme Lorenzo Malouin), Laura, Berthe, Évangéline, etc.              
  Baie Ste-Claire - famille Girard
                         
                           

Lorsque soeur Lydia arriva à Anticosti, elle avait neuf ans. La famille fut installée à la Baie-Sainte-Claire, où elle demeura 12 ans, c'est-à-dire jusqu'en 1900, année du grand départ.

 

Leur voisin était Éphrem Boudreault. Elle fut très impressionnée par la beauté et la propreté du village : « Tout était bien ordonné ; les maisons de couleur vert pâle avaient des toits, des portes et des fenêtres rouges, une toiture française, etc. ».

 

Le monument de Baie-Sainte-Claire était la magnifique résidence de gouverneur en face de laquelle se situait le carré français (plus rectangulaire que carré).

 

Son plaisir était de prendre une marche tout autour du carré. Elle me dit que M. Arthur Drolet, douanier, avait des allures théâtrales.

 

Elle fut impressionnée par la beauté de la salle de classe de l'école et des pupitres. Elle n'a pas apprécié les deux institutrices : les demoiselles Gauthier (dont l'une se prénommait Joséphine), qui battaient souvent les enfants. Cependant, elles étaient bonnes enseignantes.

 

 

Soeur Lydia alla trois ans à l'école de Baie-Sainte-Claire, c'est-à-dire jusqu'à la neuvième année, puis alla poursuivre ses études au Havre Saint-Pierre, où il y avait un couvent dirigé par les Sœurs de l’enfant Jésus.

             
  Johnny Girard, trappeur-guide                          
                           

Soeur Lydia Girard est originaire de la Rivière Saint-Jean (Côte-Nord) où elle est née en 1900. Son père, Johnny Girard, était trappeur en hiver et guide en été au service de riches Américains qui venaient pêcher le saumon. Un Américain que guidait souvent M. Girard se nommait Hill.

 

Soeur Lydia souligne que les habitants de Rivière-Saint-Jean étaient des gens heureux qui fraternisaient facilement ; ils constituaient une grande famille heureuse.

 

M. Girard avait un voisin qui se nommait Jimmy Méthot. Lorsque M. Girard partait l'hiver pour trapper, il disait à Jimmy : « Jimmy, je te confie ma famille ! Veille à ce qu’ils ne manquent de rien; ni eau ni foin. Je les confie à tes bons soins. »

 

M. Girard a également guidé un « explorateur », ministre protestant qui était géographe et dessinait des cartes. Ce ministre a épousé une fille de la Rivière Saint-Jean.

 

M. Girard quitta Rivière-Saint-Jean en 1909, parce que la vie y était trop dure et sa famille, nombreuse, demandait de meilleurs revenus pour sa subsistance.

  

À son arrivée à l'île, M. Johnny Girard fut nommé garde-chasse (en hiver) et gardien du quai dont il habitait la maison (seul) près du phare.

 

Il pêchait dans la baie Ellis et vendait le poisson et le homard aux familles du village, puis remettait l'argent à l'administration.

 

Il faisait ce travail par plaisir, ce qui ne manquait pas d'enchanter Martin-Zédé. « La famille était très unie ; il y régnait beaucoup de sérénité grâce à l'être humain merveilleux qu’était mon père. »

 

Si le bonheur régnait dans sa famille à elle, il en était tout autrement des familles en général. Il régnait un climat de méfiance de jalousie. « Il y avait les snobs (les Malouin, le douanier, le postier, etc.) et les autres, c'est-à-dire les ouvriers.

 

Elle mentionne que ces deux groupes de citoyens étaient bien distincts.

 

Soeur Lydia me dit la chose suivante : « M. Henri Menier fit une belle œuvre à l'île. Il louait les maisons à ses employés à des prix dérisoires (5$ par mois).

 

Il payait les institutrices, les missionnaires, l'hôpital, etc. » Elle se rappelle bien cet homme assez costaud qui portait toujours une casquette blanche de marin.

 

Il restait deux mois au Château. Lors d’une fête du 14 juillet, il fit installer un poteau dans le carré et passa un après-midi à encourager les enfants à tenter d'atteindre le sommet du mât où une enveloppe contenant de l'argent avait été fixée.

 

Un des enfants, Georges (Kik) Poirier, fils de Jeanne (Antil), alla chez lui et demanda à sa mère d'arranger son pantalon; on imprégna le tissu de cendre et de mélasse afin de le rendre rugueux. Il parvint ainsi à atteindre l'enveloppe.

 

« À Anticosti, il n'y avait pas de riches et pas de pauvres. »

 

 

Pour se rendre au Havre, elle payait son passage (deux dollars) à bord du navire de Nazaire Cormier, qui venait deux fois par semaine à l'île (il faisait le transport de marchandises sur la Côte-Nord et en Gaspésie).

 

Elle revenait chez elle une fois pendant l'automne, passait les fêtes dans une famille d'amis et revenait à l'île en juin.

 

Elle se rappelle monseigneur Leventoux et conserve de lui un magnifique souvenir.

 

Soeur Lydia fut demandée au chevet du prêtre durant son agonie et demeura près de lui une semaine, jusqu’à sa mort.

 

Soeur Lydia a écrit un texte sur monseigneur Leventoux, texte qui fut publié dans La Semaine religieuse en juillet 1947.

 

Son plus beau souvenir de l'île est le travail des missionnaires, surtout de Julien Marie Leventoux, qui était très bon pour les enfants. C'est lui qui a inspiré à Lydia de devenir religieuse.

 

Sœur Lydia mentionne qu'avant 1925, il fallait aller à l'école à l'extérieur pour poursuivre ses études après la neuvième année.

 

M. Henri Menier a donné de très nombreux livres (surtout des livres pour enfants) au père Leventoux, y compris l'ensemble de l'œuvre de la comtesse de Ségur.

 

Le postier de Baie-Sainte-Claire était le vieux monsieur Cabot [ou Cubot] vers 1910. Un monsieur Rogers était responsable de la ferme de Baie-Sainte-Claire et un monsieur Roy était boulanger. Le pain se vendait cinq sous et le magasin général renfermait tout le nécessaire à des prix raisonnables.

 

Le père de Johnny Girard était maître d'école en Gaspésie à la Baie Caplan. Ce sont les Robinson qui l’ont encouragé à aller faire fortune sur la Côte-Nord où il n'a rencontré que pauvreté.

 

« À la rivière Saint-Jean, les familles s'aimaient et à l'île d'Anticosti les familles s’ignoraient. On était mieux à l'île sur le plan matériel mais moins bien sur le plan humain. »

 

« Si j'étais curé à l'île, la première chose que je prêcherais, c'est la charité. Je leur suggérerais de s'unir au lieu de se diviser. »

 

« Je rêve qu'Anticosti cesse d'être une chasse gardée et devienne un endroit où toute personne puisse vivre librement. »

 

« Un pays n'est pas beau quand on ne voit pas la mer. »

 

Tancrède Girard était le cousin germain de Johnny. Les deux familles étaient originaires de la Gaspésie, de Barachois. Ils allèrent s'établir à la Rivière Saint-Jean et à Magpie.

 

M. Johnny Girard était un garde-chasse des plus intègres. Mgr Leventoux aurait eu les propos suivants concernant l'honnêteté de M. Girard, qui remettait tout le fruit de ses chasses : « il ne serait pas tenu de rendre jusqu'à la dernière fourrure ».

 

Il laissait ainsi entendre que Johnny aurait pu conserver sans faute quelques peaux pour augmenter son revenu. Comme gardes-chasse, Johnny Girard était magnanime.

 

Il empêchait les Anticostiens de trop tuer de chevreuils sur son territoire de surveillance. Il avertissait ceux qu'il prenait en défaut d'aller ailleurs (sur le territoire d'un autre garde) pour commettre leurs méfaits, sinon il serait dans l'obligation de les sanctionner.

 

Voici comment Johnny Girard et sa famille quittèrent l'île en 1920. Un des fils de Johnny, Georges, fut accusé d'avoir tué deux ou trois cerfs.

 

Georges aimait la chasse, et Alfred Malouin, gouverneur de l'île, demanda son renvoi de l’île (il était clairé !). Johnny décida de s'en aller avec tous ses enfants.

 

Lorsque Alfred Malouin en demanda la raison, il lui aurait répondu : « Je ne puis laisser un enfant de 18 ans quitter l'île seul ! ».

 

Cela chagrina beaucoup l'épouse de Johnny, Matilda Poirier; elle aimait l'île parce que son mari était plus souvent à la maison.

 

En 1921, Johnny fut inspecteur chez un gros commerçant de poissons de Québec, puis gardien sur les quais à Québec.

 

Voici la liste des enfants de la famille de Johnny et Matilda Girard, du plus âgé au plus jeune, avec le nom de leur époux ou épouse entre parenthèses : Brigitte (Johnny Allison), Delvina (Peter Wright), André (…), Émilie (Émile Poirier), Lydia (religieuse), Georges (…), Cécile (M. Conroy, Américain), Jean ou John (mort à 38 ans de tuberculose), Edmond (mort à 31 ans, de tuberculose également), Alberta (M.Tanguy).

             

RECHERCHE SUR LE SITE  

(Exemple: Henri+Menier)



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Livres et documents sur Anticosti

(50) (Nouveau)

Cahiers d'entretiens avec des Anticostiens (1976-1981) par LUC JOBIN, 160 pages

(49) (Nouveau)

Collection Desbiens

 Ces 174 photographies font partie de la collection Desbiens. Ces documents sont présentés pour la première fois grâce à LUC JOBIN.

(48) 

Partition musicale composée à Baie Ste-Claire, Anticosti par Lucien Comettant, gouverneur (1896-1903).

 

Ce morceau fait partie d'un répertoire de 77 compositions que nous sommes en train de sortir au grand jour après 115 ans d'obscurité grâce à la collaboration exceptionnel du pianiste Andrew Lloyd Taylor. 

(47) Le journal LE SOLEIL publie en 1897, 1898 et 1899, et rapportées ici, les actualités, rumeurs et nouvelles qui provenaient de l'île d'Anticosti au début de l'ère Menier.

(46) Actes Notariés - en 1899 Henri Menier achète de 26 habitants anticostiens 28 lots de terrains et habitations dans le but de devenir le seul propriétaire sur l'île.

(45) Anticosti sous Gaston Menier (1913-1926) par Rémy Gilbert. Document inédit de 24 pages par l'auteur du livre «Mon île au Canada», 1895-1913, les Éditions JID.

 

(44) Suite à une demande de Menier pour la concession de lots de grève et de lots à eau profonde à Baie-Ellis, Félix-Gabriel Marchand, premier ministre et Simon-Napoléon Parent, maire de Québec font une visite sur l'île d'Anticosti (voyage raconté par le journaliste du journal Le Soleil, 1898). 4 pages.

 

(43) Gaston, Albert et Henri Menier, leurs yachts en image. référence: Voiles/Gallimard, Les mémoires de la mer, Jack Grout.

 

(42) 1827, naufrage du Harvest Moon au large d'Anticosti. En 1928 le fils d'un naufragé raconte.

 

(41) En 1850 on envisageait de faire de l’île d’Anticosti, une prison. Journal Le «Canadien», le 21 juin 1850

 

(40) Le steamer «Le Merrimac» s'échoua sur l'île d'Anticosti en 1899. Le journal Le soleil raconte l'aventure, liste des passagers et biographie de l'un d'entre eux, un québécois.

 

(39) L'Aberdeen, un steamer de ravitaillement des phares s'échoua en 1899 près du cap Jupiter, Anticosti; un passager raconte.

 

(38) M. Clarke Wallace (1844-1901) membre du parlement canadien était un adversaire de l’île d’Anticosti de M. Menier. LA PATRIE, LE 11 AOÛT 1899

 

(37)  En 1902, l'honorable Charles Marcil, député de Bonaventure livre à un journaliste ses impressions sur Anticosti. M. Marcil est le grand-père de la comédienne Michèle Tisseyre.

 

(36) Bail entre Gaston Menier et la commission du Hâvre de Québec, pour la location de locaux au Bassin Louise de Québec, le 29 décembre 1920, devant notaire.

 

(35) Vente d'Anticosti le 19 juillet 1926 à la Wayagamac Pulp and Paper devant le notaire E.G. Meredith.

 

(34) Exploration Vaureal-Jupiter, Anticosti, entre le 7 et le 28 mars 1901 par Ovila Montreuil ingénieur civil, assistant de Jacquemart, chef du service des travaux.

 

(33) Le Croiseur anglais HMS Pallas s'arrêta à Anticosti en 1900, dont le capitaine était l'Honorable Walter G. Stopford. Article paru dans le Petit Journal Militaire, Maritine, Colonial le 25 septembre 1904.

 

(32) NOTAIRES - 20 actes notariés du temps de Menier

 

(31) L'acte de vente d'Anticosti à Menier le 18 décembre 1895 devant le notaire William Noble Campbell

 

(30) Le testament de Louis-Olivier Gamache le 22 septembre 1851 devant le notaire Jos. Pelchat

 

(29) Rapport du ministre de l'agriculture de la Province de Québec, 1909.
Lauréat de la médaille d'argent et du diplôme de Très-Grand-Mérite:
Alphonse Parent, Baie Ellis, Anticosti.
Index de 57 noms, 16 pages

 

(28) Lettre de Mgr J.C.K. Laflamme à Henri Menier, septembre 1901 

 

(27) Lettre de Joseph Schmitt à Mgr J.C.K Laflamme le 17 juillet 1901

 

(26) Lettre de Joseph Schmitt à Mgr J.C.K. Laflamme le 5 juillet 1901

 

(25) Lettre de Henri Menier à Mgr J.C.K. Laflamme le 5 octobre 1901

 

(24) Permis de séjour du 15 août au 30 septembre 1901 délivré à Monseigneur J.C.K Laflamme par L.O. Comettant.

 

(23) En 1899, 16 journalistes ont visité l'île Anticosti. Voici ce qu'ils ont raconté.

 

(22) Titre en faveur de Louis Jolliet par Jacques Duchesneau, 1680

 

(21) L'île Ignorée, TOME 2, manuscrit de Georges Martin-Zédé achevé en 1938, (archives de l'Université Laval), édité ici pour la première fois avec un index de 303 noms, 42 pages.

 

      L'île Ignorée, TOME 1, par Georges Martin-Zédé, manuscrit de Georges Martin-Zédé achevé en 1938, (archives de l'Université Laval), édité ici pour la première fois avec un index de 114 noms et 24 illustrations, 33 pages.

 

(20) Voir le vidéo, journal LE MONDE

Jerôme Verroust, journaliste français, parle du parcours de guerre de son arrière-grand-père, Fernand Le Bailly sur cet entretien vidéo au journal Le Monde. Fernand Le Bailly a séjourné sur l’île Anticosti à partir de 1896. Il était marié à Simone Lavigne, petite-fille de Oscar Comettant.

 

(19) Monographie de l'île d'Anticosti par le docteur Joseph Schmitt, 1904, 370 pages.

 

(18) À la mémoire de feu Arthur Buies, journal le Soleil, le 28 janvier 1901.

(17) Arthur Buies, journal le Soleil, Lettre à Ernest Pacaud, le 30 septembre 1899.

 

(16) Arthur Buies, journal Le Soleil, Anticosti, le 23 septembre 1899.

 

(15) La date de la mort de Jolliet, 1886, par l'abbé Cyprien Tanguay

 

(14) Projet de perpétuer le souvenir de Jolliet, 1980, par Luc Jobin, article de Monique Duval, Le Soleil.

 

(13) Lettre de Mgr Charles Guay à Mgr Clovis-Kemner Laflamme, 1902

 

(12) Notice sur l’île Anticosti par Jules Despecher (1895), 6 pages

 

(11) Anticosti par Damase Potvin (1879-1964), 6 pages

 

(10) Le journal de Placide Vigneau (1842-1926) 

 

(9) Histoire et légendes d'Anticosti. Jolliet, Gamache, Ferland, Vigneau et les naufrages, 6 pages.

 

(8) Lettre de Fernand Le Bailly à Mgr. Joseph-Clovis K. Laflamme en 1905.

 

(7) Correspondance du Consul de France, M. Kleskowsk.

 

(6) Cahiers-carnets-agendas de Martin-Zédé (1902-1928).

 

(5) Registre de pêche aux saumons (1896-1928) de Henri Menier sur l'île Anticosti.

 

(4) Entrevue avec Luc Jobin, par Lucien Laurin, le 8 avril 1982.

 

(3) Anticosti 1900, C. Baillargé, 14 pages. (Lire sur Ipad)

 

(2) Oui, j'ai aimé... ou la vie d'une femme, Thyra Seillières, 1943, conjointe de Henri Menier, 244 pages. (Lire sur Ipad)

 

(1) Anticosti, esquisse historique et géographique par Nazaire Levasseur, 1897, 40 pages. (Lire sur Ipad)

 

(0) Lettres de l'Ile Anticosti de Mgr Charles Guay, 1902, 312 pages.

Le 30 mars 2011

 

Rajout: 77 partitions musicales de la main de Lucien Comettant alors qu'il était gouverneur de l'Ile Anticosti. Ces documents dormaient dans une boite depuis 100 ans. Il s'agit de pièces musicales de style victorien pour piano (et violon).

 

Plusieurs livres ont été ajoutés dans la bibliothèque dont:

 

(1) La ville de Québec sous le régime français, volume 1, 1930, 549 pages 

     La ville de Québec sous le régime français, volume 2, 1930, 519 pages

 

(2) Zéphirin Paquet, sa famille, sa vie, son oeuvre. Québec, 1927, 380 pages. Notre arrière-grand-mère était la fille de Zéphirin. Il est le fondateur de la Compagnie Paquet de Québec.

 

(3) L'île d'Orléans, livre historique publié en 1928, 505 pages

 

(4) La biographie du docteur Ferdinand Philéas Canac-Marquis écrite par Nazaire LeVasseur, 1925, 276 pages. Ferdinand est le frère de Frédéric Canac-Marquis, notre arrière-grand-père.

 

Nazaire LeVasseur, l'auteur, est le père de Irma LeVasseur, première médecin femme canadienne-française et fondatrice de l'hôpital Ste-Justine. Il avait été l'agent de Henri Menier et de Martin-Zédé à Québec pour l'entreprise Anticosti.

 

Pauline Gill a récemment écrite un roman historique sur Irma LeVasseur et parle dans son livre de Nazaire LeVasseur et de Ferdinand Canac-Marquis, fils de Frédéric Canac-Marquis